Suite à son expérience de chef de file du projet RURAL INNOVA dans le cadre d’INTERREG IIIC, la Région Limousin a initié la mise en place dès 2008 d’un réseau opérationnel (RUR@CT) visant le transfert d’expériences entre Régions rurales européennes. Dans la perspective de la refonte du budget de l’Union européenne, en particulier ses impacts sur la politique de cohésion après 2013, ce réseau a pour ambition d’offrir aux Régions européennes les champs d’expérimentation d’un modèle innovant de développement des territoires ruraux.
DE RURAL INNOVA A RURACT…
L’objectif initial et les nouvelles orientations du projet
Afin de lutter contre la dévitalisation des espaces ruraux, 15 régions rurales européennes ont décidé de collaborer ensemble dans le cadre d’un réseau d’échanges de bonnes pratiques et de transfert d’expériences destiné à mieux utiliser les facteurs innovants de développement rural intégré. Dénommé RURAL INNOVA, ce réseau de coopération interrégionale a été créé en novembre 2004 dans le cadre de l’initiative communautaire INTERREG IIIC. Les partenaires du projet ont proposé un certain nombre d’orientations pour la période 2007-2013 à travers le réseau RUR@CT. Cette initiative vise d’une part à pérenniser, renforcer et élargir la dynamique impulsée par le réseau RURAL INNOVA, et d’autre part à valoriser et à démultiplier ses résultats et enseignements au profit d’autres régions européennes. Parmi les principaux enseignements tirés du programme RURAL INNOVA, deux logiques complémentaires se renforcent mutuellement.
Poursuivre la capitalisation d’expériences
La première logique consiste à poursuivre la capitalisation d’expériences en élargissant le champ de la coopération tant sur le plan thématique qu’au niveau du partenariat. En effet, au-delà de la pertinence des thèmes abordés dans le cadre des différentes composantes du programme, il semble opportun d’y raccrocher d’autres problématiques répondant à de nouveaux enjeux sociétaux et avec lesquelles des synergies peuvent être trouvées. Concernant le partenariat, un certain nombre d’autres régions européennes ont formulé la demande de participer aux activités du réseau RURAL INNOVA avec le statut de « partenaire-observateur ». Intéressées par l’échanges d’expériences et la diffusion de bonnes pratiques, ces régions pourront désormais être associées de manière plus opérationnelle dans RUR@CT.
Renforcer le transfert d’expériences
La deuxième logique consiste à contribuer concrètement au transfert d’expériences, dans une configuration opérationnelle basée sur une thématique bien ciblée, et un nombre limité de partenaires. Cette dimension « transfert d’expérience » a été la principale limite identifiée dans la mise en œuvre du réseau RURAL INNOVA. Face à ce constat et au regard des orientations stratégiques de la Commission européenne, le projet RUR@CT a pour ambition de mettre l’accent sur cette approche opérationnelle de la coopération, en lien avec les autres programmes financés par les fonds structurels. « Changer en échangeant », telle pourrait être la devise du projet RURACT, en mettant les échanges au service du changement.
Les différentes publications thématiques présentant les résultats du projet RURAL INNOVA, ainsi que la déclaration politique commune RURAN adoptée par ses partenaires sont accessibles à l’adresse suivante : www.rural-innova.org
VERS DE NOUVELLES ORIENTATIONS EUROPEENNES…
L’objectif de cohésion économique et sociale des zones rurales
Dans son rapport spécial n°7 en 2006, la Cour des comptes européennes porte un jugement critique sur la politique européenne de développement rural. D’après les conclusions de ce rapport, la trop forte concentration des aides sur le secteur agricole, met en péril la réalisation de l’objectif de cohésion économique et sociale des zones rurales. La Cour insiste sur la pertinence de l’approche territoriale, et recommande de veiller à maintenir un équilibre entre l’objectif de la PAC, et celui qui consiste à réduire les déséquilibres territoriaux…
Les Régions, actrices du changement économique
Dans les orientations stratégiques de la politique régionale pour 2007-2013, la Commission européenne insiste sur la prise en compte des priorités de Lisbonne et de Göteborg en terme de compétitivité, de croissance, d’emploi et de développement durable. Ces orientations pourront s’inscrire dans le cadre d’un nouvel instrument « Régions pour le Changement Economique » visant à établir des passerelles entre d’une part les initiatives de coopération territoriale (objectif 3) et d’autre part les programmes opérationnels des objectifs de convergence (objectif 1) et de compétitivité (objectif 2). Au-delà de l’identification de bonnes pratiques, la Commission souhaite développer davantage le transfert d’expériences, notamment dans le cadre de la coopération interrégionale.
La coopération interrégionale au service des priorités de Lisbonne et Göteborg
Dans le cadre de sa déclaration finale en date du 02 octobre 2006, l’Assemblée des Régions d’Europe (ARE) soutient l’initiative « Régions pour le Changement Economique », et encourage toutes les régions à s’assurer que des priorités spécifiques dédiées à la coopération interrégionale sont incluses dans leurs programmes de convergence ou de compétitivité. Dans le cadre de ses réflexions prospectives, l’ARE affiche la cohésion, la compétitivité et la durabilité comme trois objectifs inséparables de la politique européenne de développement rural.
Le potentiel d’emploi des zones rurales
Dans une communication en date du 21 décembre 2006, la Commission européenne met en exergue la nécessité de combler le déficit d’emplois des zones rurales (notamment chez les jeunes et les femmes), face à leur perspectives réelles quant à leur potentiel de croissance dans de nouveaux secteurs, à la fourniture de services, de structures d’accueil et au tourisme, à leur attractivité comme lieu de vie et de travail, et à leur rôle de réservoir de ressources naturelles et de paysages de grandes valeur. Les mesures visant la création d’emplois et la diversification dans les activités non agricoles restent une partie relativement limitée des programmes de développement rural sur la période 2000-2006.
Les enjeux en terme de développement durable
Il convient donc de mieux valoriser le potentiel d’emplois des zones rurales sur la nouvelle période de programmation 2007-2013, à travers des approches territoriales, multisectorielles et sur la base d’un partenariat allant au-delà de l’agriculture, de l’industrie agro-alimentaire et du tourisme à la ferme. Les programmes de développement rural doivent notamment utiliser davantage les possibilités existantes pour encourager les cultures énergétiques et le développement d’entreprises productrices d’énergies renouvelables, qui peuvent aider à stabiliser l’emploi dans les zones rurales et contribuer sensiblement à la promotion du développement durable.
Une plus grande synergies entre les différentes politiques
Afin d’atteindre ces objectifs, les programmes de développement rural doivent s’appuyer sur l’innovation et le transfert de connaissances et de bonnes pratiques, notamment par le biais de la coopération interrégionale. Sur le plan des moyens financiers, cette stratégie devra reposer sur la plus grande synergie possible entre les politiques structurelles, les politiques de l’emploi, et les politiques de développement rural.